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Les matériaux

 

Le polystyrène extrudé (PSE) est un matériau connu pour sa légèreté et la facilité avec laquelle il peut être usiné - au sens de découpé (à l'aide d'outils tranchants ou de fils chauds), puis lissé, poncé, voire poli à l'aide d'outils abrasifs (papiers ou tissus émerisés), et enfin peint à l'aide de peintures courantes, notamment acryliques (i.e. sans solvant autre que l'eau). Ces qualités lui ont valu d'être abondamment utilisé dans le bâtiment pour l'isolation des parois, planchers et toitures, applications dans lesquelles il est le plus souvent découpé au fil chaud selon les dimensions requises et suivant des lignes droites définissant des plans.

 

Les tableaux sont découpés dans des plaques de PSE. Ils peuvent être laissés tels qu'on les obtient après découpage au fil chaud et séparation de leur contretype car leur surface ondulée et leur couleur d'origine (blanc cassé) assurent déjà qu'ils "captent bien" la lumière". Leur coloration permet toutefois d'élargir sans fin leurs possibilités de le faire - en particulier dans des teintes sombres, jusqu'au noir. Les tableaux les plus réussis peuvent être reproduits par moulage dans du plâtre sans destruction de l'original, puis peints . Ils deviennent alors beaucoup plus lourds et résistants aux petits chocs en surface.

Les sculptures sont également obtenues par découpage au fil chaud dans des blocs de PSE. Des moules peuvent être réalisés à partir d'elles pour les éditer en résine polyester (éventuellement teinte dans la masse) naturellement beaucoup plus dense et solide que le PSE. Quelques modèles très appréciés par leurs acquéreurs sont appelés à se voir édités en bronze en 2020.

Les cuboctaèdres sont obtenus par assemblage de barrettes de fer doux normalement utilisées dans les transformateurs électriques. Certains ont été réalisés à partir des plaques d'acier inox dit "grand brillant", d'autres sont issus de découpage de feuilles d'aluminium, ou de bois (contreplaqué "marine")... D'autres enfin ont été fabriqués en matière plastiques de diverses couleurs à l'aide d'imprimantes 3D.

Les Techniques

La fabrication des tableaux se fait en deux étapes : 

• leur découpage, en imposant à des plaques de PSE des mouvements combinés d'ondulation (dans l'épaisseur de la plaque) et d'oscillation (autour des deux axes de la plaque) autour d'un fil de coupe droit porté à une température suffisante pour assurer une fonte propre et régulière du matériau ainsi traversé. Cette opération fournit donc à chaque fois, après séparation des deux volumes ainsi définis mais encore "emboités" l'un contre l'autre, deux bases de tableaux à peindre, chacune étant dite contretype de l'autre.

• leur coloration est réalisée au pistolet à peinture et/ou à l'aide de pinceaux selon les effets recherchés. Les peintures utilisées ne doivent contenir aucun solvant autre que l'eau afin de ne pas attaquer le polystyrène. Elles assurent en revanche une protection efficace de ce dernier contre les rayures et petits chocs, ainsi que contre  d'autres peintures plus agressives (notamment métallisée, en bombes). L'application de la peinture au pistolet avec des incidences très obliques (dites rasantes) permet de ne colorer qu'un versant des ondulations obtenues pouvant conduire à des effets optiques intéressants.

On note que les tableaux ainsi produits sont "forcément" uniques du fait qu'il n'est jamais possible pour l'artiste de reproduire exactement - sauf recours à des tables traçantes pour guider le fil chaud - ses gestes qui ont déterminé le parcours du fil dans la matière découpée.

La fabrication des sculptures est également réalisée en deux étapes :

• leur découpage requiert un fil chaud plus ou moins long et tendu selon les dimensions des blocs de PSE dans lesquels on entreprend de sculpter (en général rectangulaires au départ). C'est l'artiste qui guide lentement ces blocs en les déplaçant "autour du fil" dans toutes les directions possibles pour assurer les coupes selon des oscillations plus ou moins longues et harmonieuses ou au contraire courtes et tourmen-tées. Trois ou quatre "passes" de ce type, voire plus, sont généralement requises pour produire une sculpture en 3D ne comportant plus de traces des faces planes initiales. Comme dans le cas des tableaux, chaque sculpture est ainsi unique "par construction". 

la coloration des sculptures fait appel aux mêmes qualités de peinture que dans le cas des tableaux. Elle peut aussi s'envisager au pistolet et/ou à l'aide de pinceaux pouvant pour une sculpture donnée conduire à des réalisations extrêmement différentes selon les teintes, qualités de peinture et techniques d'application employées. L'emploi de peintures métallisées donne bien sûr des effets intéressants. 

Les sculptures obtenues doivent à la fin être rendues solidaires de socles assez lourds pour assurer leur stabilité en position verticale. Elles sont en général collées sur des socles cubiques de bois nobles et denses (chêne, acajou…) lorsque leur base est plane ; ou sinon percées par des tiges métalliques elles-mêmes solidement plantées dans de tels socles.

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François Valette est né le 14 décembre 1950 à Lapalisse (03).

• Sa formation scientifique - ingénieur chimiste (ENSCM, Montpellier, 1973) et docteur en sciences physiques (UPS, Toulouse, 1985) - s'est vue complétée en économie lors de son passage par "Sciences-Po" (IEP Paris, Eco-Fi, 1973-75).

• L'essentiel de sa carrière s'est déroulé au CNRS dans des emplois très divers, à Paris (chef de projets dans le domaine de la R&D sur l'énergie solaire) puis à Montpellier (directeur du Centre d'Ecotechniques, chargé de mission "Europe", responsable de contrats européens de recherche en économie...).

• Ces activités ne lui ont jamais permis de consacrer à son penchant pour les arts graphiques et plastiques tout le temps qu'il aurait pu souhaiter, mais il leur a réservé une large part de son temps libre et il lui reste de cette seconde vie de nombreuses traces encore en désordre : dessins (voitures et avions, caricatures, nus et portraits), et peintures, modelages et sculptures (visages et corps humain, formes abstraites). Il s'est aussi beaucoup employé à écrire, notamment la nuit, et hors de sa production scientifique au CNRS, sur de nombreux thèmes (l'économie, le développement, le quotidien et l'avenir, la vie, les suites de la mort...) et dans des formes diverses (essais, romans et nouvelles, poésie). 

• Sa retraite va commencer, en 2013, par un virage progressif mais radical entre son passé de chercheur-ingénieur et l'avenir qu'il s'est choisi de plasticien, acteur d'une recherche incessante du beau à travers diverses transformations de la matière. Dessin, modelage, construction d'une imprimante 3D, puis conception et impression sur cette base de nombreux objets nouveaux, et enfin conception et production de sculptures métalliques (cuboctaèdres) vont constituer les premières étapes de ce changement... Changement dont le dernier acte a déterminé l'essentiel de son emploi du temps actuel, avec la "découverte" qu'il a faite - au hasard d'une expérience d'ingénieur - des fantastiques possibilités de création  qu'offrent certaines techniques de découpage des matériaux isolants.

• Connues dans l'industrie et dans le bâtiment, ces techniques y sont actuellement réservées à la fabrication en série d'objets et de structures aux formes très simples et régulières, à l'aide d'instruments peu  sophistiqués et souvent largement automatisés. En les adaptant pour construire des maquettes d'habitations légères de loisirs, François Valette a entrevu la possibilité de travailler "autrement" ces matériaux pour en faire d'abord des panneaux décoratifs en 3D, puis des sculptures aux formes réglées. Il a dans ce sens mis au point des systèmes de découpage originaux lui permettant de modeler les isolants en question à son gré, pour imprimer notamment à des plaques des ondulations plus ou moins profondes et régulières, ou pour sculpter dans des blocs des formes élancées, résolument mathématiques ou futuristes.

• Il a aussi expérimenté sur ces bases des techniques très diverses de coloration de ses œuvres pour tirer parti de leur incroyable aptitude à "prendre la lumière" en y ajoutant celles, quasi magiques, de faire ressortir les contrastes entre les couleurs… ou au contraire, sous d'autres angles, de les atténuer. 

© 2017 François Valette - Tous droits réservés